Cameroun: Le GICAM a célébré ses 60 ans ce 21 décembre 2017 en plaidant pour une réforme profonde de la fiscalité

 Par Frédéric NONOS | Cameroon-Info.Net
 YAOUNDE – 22-Dec-2017
Le plus grand mouvement patronal a par ailleurs exhorté au cours de sa 125ème assemblée générale ordinaire, le gouvernement à trouver une issue à la crise anglophone qui fait perdre des points de croissance à l’économie.

Le Groupement inter-patronal du Cameroun (GICAM) a célebré ce 21 décembre 2017 ses 60 ans d’existence. Sous le slogan 60 ans, 60 leaders, 60 mille fois merci, le plus vieux mouvement patronal du pays, a rendu hommage au cours d’une soirée de gala aux 60 pionniers qui ont marqué les affaires au Cameroun. En marge de cette célébration, le GICAM a tenu sa 125ème assemblée générale ordinaire. La toute première de Celestin Tawamba à la tête de ce patronat, six mois après son election.

Au cours de son rapport moral, le président du GICAM a dressé un bilan peu réluisant de la situation économique du pays en 2017. En évoquant des réformes peu ambitieuses de l’Etat qui n’ont pas amélioré le climat des affairesen 2017, malgré trois places engrangées au classement Doing Business 2017, le Cameroun est toujours mal classé, déplore Célestin Tawamba, qui pense que l’éconmie camerounaise est à la croisée des chemins. Sur le plan sécuritaire, croit-il, les entreprises ont maille à partir avec les vents contraires portés par la criminalité transfrontalière à l’Extême-nord, l’Est et dans les régions du Sud-ouest et Nord-ouest.

Conséquences, le taux de croissance qui avoisinait les 6% en 2015 a chuté à 4, 6% et selon les prévisions, il pourrait dégringoler à 4% si l’insécurité persiste. « Nous n’avons pas à avoir peur des problèmes sécuritaires parce que nous avons les forces de defense qui nous soutiennent. Mais il n’en demeure pas moins que ces problèmes sécuritaires ont un impact sur l’économie », a-t-il déploré, exhortant les pouvoirs publics à trouver des solutions urgentes pour faire renaitre l’activité économique dans les zones affectées.

Les préoccupations du patronat touchent aussi à la loi de finances 2018. Une loi qui annule certains avantages de la précédente en rétablissant notamment des taxes sur la sortie de certains produits, dénonce le GICAM, alors que le patronat avait invité le gouvernement à une pause fiscale. S’agissant de la fiscalité, le président du GICAM plaide pour une reforme en profondeur du système fiscal. Car pense-t-il, les entreprises devraient être imposées par rapport à leur productivité et non à leur chiffre d’affaires comme c’est le cas actuellement. Dans cette optique, une réflexion dans laquelle s’intégre le Livre Blanc du GICAM, est menée par le patronat pour faire des propositions à l’Etat d’ici Janvier 2018 pour permettre à l’Etat d’élargir l’assiette fiscale afin de permettre aux entreprises de payer le juste impôt.